Témoignage: Devenir motocycliste Josée Bernier

Salut!

Lorsque TiMax m’a demandé de faire un témoignage, je ne me doutais pas que je ferais de la procrastination, un peu parce que je suis gênée et aussi parce que cela a coïncidé avec une période achalandée dans mon travail. Bref, me voici.

D’où m’est venue l’idée de faire de la moto?

Disons que depuis l’âge de 8 ans, j’ai de l’intérêt pour les p’tits moteurs.  À cette époque, j’avais à ma disposition une vieille motoneige que mon père me laissait conduire dans les champs et sur les lacs.  Au-delà du son du moteur, l’odeur de l’essence et tout ce qui va avec me plaisait beaucoup.  Je me souviens encore comment mon père m’a fait comprendre qu’une bougie n’est plus bonne…  J’ai grandi comme ça, dans la grande Abitibi jusqu’à ce que les études me portent à Montréal.  De là, j’ai pris mari, et vlan… plus de motoneige et plus de neige!!! 

La région du grand Montréal offre des hivers peu commodes pour la motoneige, mais pour la moto, c’est beaucoup plus intéressant.  Le couple que je formais offrait peu de possibilités de faire cette activité à deux et je ne me voyais pas investir dans cette activité toute seule.  Mais la vie nous offre parfois des magnifiques surprises et à la suite de ma séparation, j’ai rencontré un homme merveilleux, correspondant au nom de Specteur sur MCQ!!

Ainsi, avant même que la neige soit complètement fondue, au printemps 2011, je débutais une superbe saison de « back seat » avec mon amoureux.  Pour celles qui désirent vivre l’expérience moto assise en arrière du conducteur, je vous conseille fortement d’avoir une tenue vestimentaire sécuritaire et confortable.  C’est long lire DOT pendant des kilomètres.  S’il faut qu’en plus on ait froid, ce n’est pas drôle du tout! 

Je me suis inscrite sur MCQ dans les alentours de septembre 2011, car je voulais être au courant de ce qui se passe sur ce site… après tout… mon amoureux y était… sans le checker… je l’avais à l’œil!!  (rire)  J’y ai trouvé des gens fort sympathiques et des sujets intéressants à suivre.  J’avais l’impression que c’était une grande famille.  Ma ride coup de cœur cette année-là fut à Stowe où on est allé manger de la pizza chez Pie Casso.  J’ai vraiment tripper sur cette ride de groupe.

N’y tenant plus, le 14 novembre 2011, j’étais bien installée pour mon premier cours théorique de moto chez Jasmil à Saint-Hyacinthe.  Dire que j’ai appris quelque chose? Pas beaucoup, mais Specteur faisait des compléments de formation qui se sont avérés très pertinente.  Voulant un peu l’impressionner, il est évident que je m’arrangeais pour retenir le plus rapidement les informations transmises pendant les cours.  Le 8 mars 2012, je réussissais du premier coup l’examen théorique.

Le 24 mars 2012, j’étais dehors à 7h30 du matin, avec un -1 degré, pour le premier cour pratique, que j’ai terminé le 15 avril.   À moi la gloire!!!  Nenon… pas si vite… je devais passer le fameux examen en circuit fermé!  Diantre que j’étais nerveuse!!  Il suffit de dire le mot « examen » que je perds tous mes moyens… Je l’ai réussi du premier coup le 30 avril 2012.  J’avais mon permis d’apprentie!!!  Tambour et trompettes!!!

Ainsi, en bonne fille, je magasinais sur Les Pacs et tout ça… avec un budget ultra mince, car je venais de réparer en urgence le toit de ma maison.  J’étais au désarroi.  J’avais fait le deuil d’acheter une moto cette année.  Je n’y croyais plus.  J’ai même demandé à Specteur d’arrêter de m’envoyer des annonces intéressantes.  No money, no candy!  Puis, le lendemain de cette requête, est apparu un courriel d’alerte annonçant MA moto!!  J’ai appelé et le lendemain, soit le 19 mai 2012, j’achetais ma p’tite Honda Shadow Ace 1100cc, 1996.  Il me fallait tout de même quelqu’un pour la conduire chez moi… je devais donc en parler à… Specteur!  Croyant qu’il arriverait avec sa voiture, puisque c’était à Anjou, j’agrandis les yeux lorsque je le vois arriver en moto.  Je faisais signe de non…pas possible, je ne pourrai pas la conduire tout de suite là, comme ça!!  Elle est trop grosse, il fait trop chaud, je ne l’ai jamais essayée!!  Eh oui, j’ai acheté la moto sans l’essayer!!  Je l’avais fait démarrer quand même et je m’étais installé les fesses dessus!   Mais bon… ma première aventure de conduite sur ma moto a failli être la dernière…

Rue Sherbrooke, il fait très chaud, et j’ai tout mon équipement de protection.  Je tremble de partout.  Au feu de circulation, je communique à Specteur que je n’ai pas le pied très long pour toucher le « shifter ».  Il me sourit et dit « utilise le talon », « tu as un shifter au talon »… je ne savais même pas que ça existait… j’en avais vraiment beaucoup à apprendre!!  Quelle ride!  Le pont Tunnel avait une voie de fermée… sur l’heure de pointe de fin d’après-midi.  C’est long, très long.  Je touchais par terre que par la pointe des orteils.  En sortant du tunnel, Specteur a pris un embranchement inattendu et on s’est retrouvé sur la 132.  J’ai passé du trafic jam à une vitesse d’autoroute.  Je tremblais encore.  Puis, en arrivant dans les rues de Sainte-Julie, la tension commençait à baisser.  J’étais à quelques arrêts de chez moi quand… à un arrêt, Specteur est parti et moi, j’ai été moins rapide… le guidon s’est tourné vers la droite et je n’avais plus de bras.  Ça faisait plus d’une heure que je tremblais.  Voyant que j’allais tomber, j’ai eu la mauvaise idée de quitter le navire!  Je me suis retrouvée à plat ventre sur l’asphalte avec la moto sur ma jambe droite, incapable de me sortir de là.  Mon pantalon protecteur m’a protégé d’une brûlure.  Il en porte encore la marque.  Un passant est venu me libérer et Specteur est arrivé.   Je ne voulais plus faire de moto.  Je voulais la revendre.  J’avais échoué.  Je ne voulais plus rien entendre.  Specteur m’a dit : tu dois remonter et te rendre chez toi.  Je l’ai fait, mais je n’étais plus certaine de vouloir conduire à nouveau ma moto. 

Finalement, j’ai réessayé et je suis tombée à nouveau.  La moto était vraiment haute pour le peu d’expérience que j’avais.  Specteur m’a installé des « crash bar » et a baissé la suspension de 5 à 2, ce qui a tout changé!! Je touchais par terre et s’il devait m’arriver de tomber, je n’aurais plus pendant d’interminables minutes la moto couchée sur moi!!

Avec mon accompagnateur préféré, j’ai roulé 8 000 km pour ma saison d’apprentie et ce n’est pas fini!! Ma moto est confortablement installée à côté de celle de Specteur et recevra une petite cure de jeunesse pendant l’hiver.

À vous lecteur de MCQ, je vous remercie d’être là, de partager votre passion, vos commentaires, vos expériences, vos routes préférées, les sorties de groupe et plus encore. 

Reikiana

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