Ă€ moto avec RĂ©jean ...
 
Notifications
Retirer tout

Ă€ moto avec RĂ©jean Tremblay

 
PatM
 PatM
(@patm)
Membre Admin Registered

À lire dans la Presse de samedi, section voyages: À moto avec Réjean Tremblay
L'auteur, chroniqueur sportif depuis des lunes, nous parle de son amour pour les voyages Ă  moto.

96450

Ride Safe!

Citation
Début du sujet Posté : 26 juillet 2009 12:27
(@temujhin)
Membre

D'habitude je suis pas un fan de Tremblay mais je dois dire que pour une fois, un beau texte intelligent qui exprime vraiment ce que c'est de voyager en moto.

on a qu'a regarder sur ce forum pour voir a quel point les motards n'attendent que le week-end/vacances pour pouvoir aller manger des kilometres, et surtout, faire rouler notre economie.

Encore une fois, SVP monsieur Charest, sortez votre tete de cet endroit si chaud qui vous la protege et soyez donc raisonable,

j'pense que nous ne demandons pas grand chose, simplement d'etre raisonable.

Ciao!!

:goldwing_smilie:

RĂ©pondreCitation
Posté : 26 juillet 2009 13:10
(@pee-wee)
Membre

Excellent texte de Tremblay. Pour un apprenti en mal de kilomètres, y'a de quoi faire rêver ! Vivement l'an prochain pour la liberté de rouler quand je le voudrai...

En attendant, merci aux accompagnateurs qui me permettent de rouler aussi souvent que possible LOL

RĂ©pondreCitation
Posté : 26 juillet 2009 13:26
(@dan02)
Membre

très bon résumer de ce que représente la moto.

RĂ©pondreCitation
Posté : 26 juillet 2009 14:14
(@jac1300)
Membre

pour avoir rencontrer m.Tremblay, a la porte du nord(mcDo autoroute 15 nord)au lendemain de la journée du loup 2008, il en avait long a dire de notre Frisé de quebec et avec humour,,,,,,ces des gens comme ca qu on a besoin pour la cause,,

RĂ©pondreCitation
Posté : 26 juillet 2009 15:01
(@pierre2007)
Membre

Tout Ă  fait raison M Tremblay! LOL

RĂ©pondreCitation
Posté : 26 juillet 2009 15:02
(@caillou)
Membre

voici le texte

Quand on a roulé pendant trois heures, passé Mont-Laurier, et qu'on commence à jeter un coup d'oeil inquiet à la jauge du réservoir d'essence, on aperçoit le resto et surtout la pompe. Un vrai repas de camionneur avant le plein. Ça veut dire que le parc de La Vérendrye est derrière soi et que Val-d'Or n'est plus qu'à une demi-heure. Ça veut dire qu'on est en Abitibi, qu'il fait bon sur le gros Kawasaki et que les mouches noires du Nord-Ouest, c'est une légende urbaine. Il n'y en a pas. Pas cette semaine en tout cas.

À l'autre bout de l'Amérique, tout au sud, quand on laisse le mille 0 de la US1, on quitte Key West et la maison de Hemingway pour s'engager dans une route légendaire jusqu'à Miami en passant par Key Biscayne et les autres villages qu'on va découvrir sous un chaud soleil de décembre. Tête nue, en short même si les fonctionnaires de la SAAQ et le gros bon sens disent que ce n'est pas prudent, on se tape six ou sept heures d'une route qui surplombe la mer sur des ponts qui font parfois une dizaine de kilomètres. On roule, comme suspendu au-dessus de l'eau, complètement perdu tellement les sens sont sollicités par la mer, le soleil et la brise qui charrie les embruns. On se dit que le paradis doit ressembler à cette route.

Et puis, dans un autre monde, plus loin que n'importe qui peut aller à moins de monter sur la Lune, on roule sur une Yamaha Virago 750 empruntée à un ami burkinabé sur la route qui nous ramène à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, en Afrique de l'Ouest.

Il fait une chaleur de plomb, je roule entre des voitures pestilentielles, des scooters chinois, des ânes qui tirent de lourdes charges en respirant une poussière rouge et particulièrement âcre, je savoure l'odeur de l'Afrique et je me dis que Jean-Jacques Rousseau avait tort dans les Rêveries d'un promeneur solitaire quand il disait que la seule façon de voyager, c'est à pied.

Ma seule façon de voyager, c'est à moto.

Année après année, quand le mois d'avril se pointe, nous sommes près de 200 000 au Québec à reluquer le ciel et à chercher un vent du sud. On se dit: encore quelques semaines et on pourra repartir. La moto qu'on a soigneusement bichonnée pendant l'hiver ou, pour certains, garnie de nouveaux chromes, va enfin prendre l'air.

Ce n'est pas pareil. Qui donc va triper sur la 117 vers Rouyn-Noranda même s'il conduit une décapotable? Ce n'est pas pareil. Rien n'est pareil. On ne sent pas les épinettes, on ne fait pas corps avec la route comme c'est le cas sur une bonne moto. Bien sûr, parfois, la pluie s'abat sur les motards. Et surtout au Québec, même en juillet, on peut se les geler si on est mal habillé. C'est le premier conseil qu'on devrait donner à celui qui veut s'aventurer sur une monture. Savoir s'habiller pour la moto. L'idéal, c'est un costume contre la pluie haut de gamme en Gore-Tex. Mais on parle de 1000$ et plus. Le commun des mortels va s'acheter une veste et un pantalon étanches et, s'il a un peu d'expérience, même en juillet, va enfiler une camisole de laine pour amortir l'effet pervers de la transpiration emprisonnée dans le costume imperméable, et va continuer sa route. Bonnes bottes, pare-brise, prudence et on va finir par battre la pluie. C'est moins agréable, c'est parfois traumatisant quand on croise les gros camions et leurs remorques mais le vrai biker sait qu'une bonne douche bien chaude et des vêtements secs dans les valises vont lui redonner le sourire.

Et puis, la pluie, comme le vent et la poussière, ça fait partie de la moto. Sinon, prenez l'autobus...

Il y a le plaisir tout simple de rouler. Plus le plaisir de retrouver ses amis et de partager la route. On peut être deux ou trois, parfois une douzaine comme pour La Randonnée du Kid avec Marcel Aubut, ou même une centaine comme pour la randonnée Les Ailes d'un ange qu'on s'offre chaque année pour la fondation Marie-Vincent. Avec une règle d'or: plus on est nombreux dans le groupe, plus on doit être discipliné et plus on doit être prudent.

J'ai fait tout le Québec. De la 138 à la 175 en passant par la 15, la 10, la 170 et les autres. Les autoroutes, les routes régionales, les coins et recoins. Avec mes amis, j'ai fait l'Abitibi, le Témiscamingue, la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Charlevoix, la Beauce, la Gaspésie, la Mauricie, l'Estrie, le Bas-Saint-Laurent... jusqu'aux Îles-de-la-Madeleine en me tapant en une journée le trajet Québec-Charlottetown, dans l'Île-du-Prince-Édouard en traversant tout le Nouveau-Brunswick. Plus de 1100 km sur une NoLOL, c'est une méchante ride. Sans une goutte de pluie et sans le moindre ennui. Et dès qu'on a quitté le Québec, sans un cahot ou un trou dans l'asphalte. Rien que du plaisir et un peu mal aux fesses à la fin d'une longue journée.

Les motocyclistes contribuent grandement à l'industrie touristique. Qui donc sillonne autant la province, qui donc s'arrête manger dans les petits villages, qui donc fait le plein d'essence à Sainte-Rose-de-Poularies ou à Hébertville-Station? Qui donc couche à la Maison du notaire ou va souper à Evan, au nord de Rouyn-Noranda? Qui donc savoure le Québec et en parle avec autant d'amour que les motards?

Et puis, la moto permet des pèlerinages et des rencontres qu'on ne ferait jamais autrement. Chaque été, Pierre Racine, ancien président de Rolls-Royce du Canada et motard invétéré devant l'Éternel, s'arrête dans l'ancienne 5e rue à Témiscamingue. Devant la porte verte d'une toute petite maison en rangée de compagnie. C'est là qu'il a grandi, à quelques portes de Gaston Gingras, ancien du Canadien, et d'André Savard, ancien directeur général de la Flanelle dans le temps que c'était la Flanelle. Pendant quelques minutes, il renoue avec son enfance. Et trouve le moyen de saluer des amis qu'il n'avait pas vus depuis 30 ans. Une veste de cuir fait tomber les barrières qu'imposent un complet Armani et une cravate Vuitton. On est tous pareils. Harley ou japonaise, c'est la grande et ultime différence. Racine est Harley, je suis japonais.

Pour lui, le rituel est important. Comme il est important pour le Bleuet qui découvre le grand lac quand il sort du petit parc après le mont Apica. Chaque fois, il ralentit pour savourer le petit pincement au coeur. C'est le salut au Royaume.

Qui donc, à part le motocycliste, connaît toutes les routes secondaires qui grimpent jusqu'au réservoir Jackson en faisant un petit détour par Sainte-Émélie-de-l'Énergie? Qui s'arrête à la Cage aux sports de Trois-Rivières ou à l'Étape du parc des Laurentides quand la journée est frisquette et humide comme s'il entrait au Ritz ou au Four Seasons?

Tous les vrais motocyclistes ont un voyage Ă  raconter. LE voyage. Celui dont ils rĂŞvent en janvier quand il fait -30 ÂşC.

Il y a deux ans, on s'est offert l'aventure. On revenait des Îles-de-la-Madeleine après avoir ajouté 3000 km au compteur des motos. Le temps d'une vidange d'huile et, le lundi soir, les motos repartaient en camion pour Memphis, dans le Tennessee. Avec trois amis, des vrais bikers, on prenait l'avion le mercredi 15 août pour la «Grande Veille» devant Graceland. C'était le 30e anniversaire de la mort d'Elvis et on se disait qu'il fallait être là au cas où Elvis devait choisir cette date pour sa résurrection.

Les motos attendaient à l'hôtel et Elvis attendait dans sa tombe, dans le jardin des méditations à Graceland, Elvis Presley Boulevard. C'est là qu'on s'est retrouvés, à minuit, par 100 ºF après une soirée à écouter du blues sur Beale Street.

Le lendemain, après une visite des studios Sun, on a pris le chemin de Nashville. C'est là que nous avons vécu une expérience unique dans notre «carrière» de motards. À midi, il faisait 114ºF. Même en roulant à 140 sur l'autoroute de Memphis à Nashville, il n'y avait pas moyen de se rafraîchir. Au contraire, avec cette chaleur, plus on allait vite et plus on cuisait. Comme dans un four à convection. C'est la seule fois dans toute ma vie où on devait s'arrêter après 45 minutes ou une heure, non pour faire le plein d'essence, mais pour boire au moins un ou deux litres d'eau.

Même en Afrique, je n'ai jamais retrouvé cette chaleur.

Mais le soir, Ă  Nashville, devant le Grand Ole Opry, pensez-vous que la Bud Ă©tait froide? Pensez-vous qu'elle Ă©tait bonne?

Avant de prendre la 81 et de grimper doucement vers le nord...

Avec un poster de Johnny Cash roulé sur le siège du passager.

La moto est une passion. On change plus souvent de moto que d'auto. Quand elles ont roulé une vingtaine de milliers de kilomètres, on a toujours le goût d'en essayer une nouvelle. Marcel Aubut en possède six ou sept. Je suis plus raisonnable, j'en ai trois. Une Kawasaki NoLOL 1600 en Floride et une Yamaha Stratoliner 1900 et une Kawasaki Voyager 1700 au Québec. La Voyager, c'est pour avoir la radio et le iPod pour les longs voyages. La Neuvième de Beethoven entre Sacré-Coeur et Sainte-Rose-du-Nord, c'est génial. L'Hymne à la joie éclate à la hauteur de Sainte-Rose-du-Nord.

Et puis, il y a une fraternité de la moto qui n'existe pas ailleurs sur la route. Au lieu de s'envoyer le doigt d'honneur, les motards se saluent d'un geste nonchalant d'une main gantée. Ils savent qu'ils partagent un secret fabuleux...

Imprimer

RĂ©pondreCitation
Posté : 26 juillet 2009 15:09
 Dbr
(@dbr)
Membre

Quel beau texte!
Un secret fabuleux.... Aaaaaah comme il a raison le M. Trembaly!
Il redonne un sens au "salut nonchalent", comme il dit.

RĂ©pondreCitation
Posté : 26 juillet 2009 17:59
(@pinsonneault)
Membre

Oui, Réjean Tremblay est un journaliste sportif avec des opinions bien arrêtées mais il possède aussi les qualités d'un scénariste et écrivain. En plus, il a la passion de la moto.

Il réussi en quelques paragraphes à donner le goût, la soif et le désir de rouler en moto sur les routes du Québec et de toutes les autres du monde entier. L'auteur décrit de façon fabuleuse des ''feelings'', des impressions, l'éveil des sens et la plénitude que l'on a lorsque nous sommes sur nos engins à humer l'air salin, celui des montagnes en plein jour, lorsque nous traversons un banc de fumée de feuilles brûlant à l'automne.

Merci RĂ©jean Tremblay.

Pinsonneault

RĂ©pondreCitation
Posté : 27 juillet 2009 05:12
Partager:
Scroll to Top
Retour haut de page